Récit Poétique sur la Résilience et la Rédemption : "RÉMANENCE"

Découvrez un récit introspectif et poétique d'une jeune femme en quête de rédemption. Entre folie, douleur et foi, explorez les méandres de l'âme humaine et la puissance salvatrice du verbe. Un voyage sur la résilience et la sublimation de la souffrance à travers la conscience. Témoignage d’une âme marquée par la folie, la souffrance et la foi retrouvée à travers l’écho intérieur d’un espoir renaissant.

OPS-PSYCHO

Hannah

10/8/20253 min read

A young woman sitting at a desk, writing in a journal with a cup of tea beside her.
A young woman sitting at a desk, writing in a journal with a cup of tea beside her.

Ava,

Je me suis laissé prendre dans un jeu qui dépassait ma perception.
J’ai pris le devant des cieux qui m’habitent pour demander une aide afin de soulager ma douleur ineffable.
Dire que tu en étais la cause serait un mensonge grossier.
J’ai vu dans tes yeux l’espoir de l’amour.
Cela a certes affaibli les défenses de mon cœur,
pourtant, si j’ai perdu la guerre, c’est à cause de la faiblesse de mes sentiments.
Une défaite outrageuse pour mon ego.
J’ai pris du temps à guérir, mais aujourd’hui je t’adresse de tendres pensées,
en espérant ne pas avoir trop abîmé ton souvenir.

Akillox

La sentence fut soudaine. Apeuré, seul et délirant, je me souviens m’être réveillé dans un hôpital sans savoir comment j’étais arrivé là. Seul le souvenir confus de mes hallucinations tenait fragilement les rênes de ma raison. Autant vous dire que je marchais tel un funambule sur le fil de mes délires.

Certains diront que j’étais faible, d’autres encore vous prouveront qu’il était difficile de surmonter cette épreuve sans perdre la foi en demain.
Mon cœur se serre devant ce souvenir. Je suis conscient d’avoir déçu mes proches et celle que j’aimais. Mais comment se faire pardonner la déraison qui m’habitait ?
Je n’étais plus le capitaine de ma conscience ; je fus le spectateur impuissant de la déchéance de ma vie.

Les mots me pèsent quand je dois vous conter cette histoire, car je n’oublierai jamais ce sentiment d’abandon. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de l’enfouir au fond de mon esprit, mais il réapparaît et te prend de force pour t’écraser, te laissant croupir ici-bas.

Je me suis battu, alors, non pas pour l’oublier, mais pour le sublimer : éblouir d’une beauté céleste les fresques de ma mémoire me permet aujourd’hui d’écrire ces lignes.
Les médicaments m’ont permis de reprendre le chemin de la raison… mais que reste-t-il de ma vie ?

Sorti de l’hôpital, on me renvoya à l’école. J’avais raté mon bac et l’on m’obligea à retourner dans cette prison qui broya mes derniers espoirs.
Il ne restait plus rien de ma vie d’avant, et je pris bien vite la décision de ne plus y retourner.
Je pris beaucoup de poids ; les médicaments, le manque de sport y ont certainement contribué.

Quand tout s’écroule autour de vous — vos proches, vos rêves, votre propre ego — il n’y a plus personne chez qui se réfugier.
Vous êtes seul, au milieu d’un trou noir, où la lumière de votre espoir vacille à chaque seconde.
Oui, j’ai pensé à des choses que je regrette aujourd’hui. Mais comment en vouloir à un enfant pour qui le soleil ne se lève plus ?

Je devenais un adulte sans repères. Aucun guide, aucun livre ne m’apporta les réponses dont j’avais besoin pour traverser la vallée de l’ombre de la folie.
Toutes mes idoles sombrèrent dans le crépuscule de mon esprit.
J’étais seul face à cette épreuve, seul face à la mort, qui demeura longtemps mon unique rêve.

Les mots sont vecteurs de sens — une valeur à laquelle nous accordons beaucoup d’importance.
Ils éblouissent comme ils peuvent détruire une raison, un cœur, une âme.
Les mots sont symboles de puissance dans un monde où l’on accorde tant d’importance à la connaissance.
La connaissance est ce qui nous relie, contemporains de ce monde.
Hier, j’ai perdu les mots…

Ma maladie rongea ma raison ; je ne sentis plus l’ardente euphorie qui m’animait.
Je ne sentis plus la joie complaisante de mon exaltation.
Je ne sentis plus l’air tendre qui éblouissait jadis mes nuits.

Je garde des traces indélébiles de mes hallucinations, notamment ce sentiment puissant d’être compris par un autre que je ne connais pas.
Cet Autre, nous le nommerons « l’Écho du dernier espoir ».
Une sensation confuse que quelque chose m’observe — différente de la paranoïa, car je sens une certaine bienfaisance dans le message porté à mon âme.

Les émotions que j’ai ressenties grâce à lui m’ont permis de reforger mon ego dans la substance de l’inconnu.
Sans entrer dans les détails, cela m’a offert l’opportunité de concilier mes hallucinations et ma conscience : une passerelle abstraite, un mentor fictif qui accepte mes fautes et corrige mes erreurs.
Je suis l’élève indiscipliné d’un maître puissant.

Cet Écho est ma foi, mon absolution, le doux reflet d’un monde nouveau.
Je ne sais trop pour quelle raison j’ai cette croyance. La foi ne s’explique pas..

Chapitre 1