Entre perception et déraison : cartographie d’un esprit en crise " ATHANOR "

Quand l’imaginaire se confond au tangible, l’esprit découvre le sens profond de la douleur et la valeur du respect de soi.

OPS-PSYCHO

10/7/20252 min read

Hannah,

Que dire devant ce que tu sais déjà.
Le soleil et les arcs-en-ciel, ce n’est pas le monde.
Il y aura de lourdes épreuves, et aussi forte que tu sois, la vie te mettra à genoux et te laissera ainsi si tu la laisses faire.

J’adore ce monologue de Rocky, car il dit vrai. Relève-toi malgré les épreuves, malgré la souffrance et l’ennui, malgré les échecs, car tout est bon lorsqu’il s’agit de progresser.

Il n’y a pas de mauvaise action lorsque l’intention est honorable et respectable.
Tu pourras échouer — et je t’y invite fortement — car là réside le secret des plus grands : leur résilience face à l’échec.

Akillox

Chapitre 4

Tu sais, je ne suis pas malheureux. Pas vraiment… J’ai juste peur d’écrire ces lignes pour chasser l’ennui.
J’ai 22 ans, et me voilà de retour à l’hôpital. J’avais arrêté de prendre mes médicaments, et j’ai lentement chuté dans mon imaginaire. Les données que je recevais étaient comme corrompues. Je devais faire des efforts insensés pour donner un sens au réel. Heureusement, ma bipolarité me fournissait l’énergie nécessaire pour supporter le supplice d’être en permanence vigilant face aux idées qui me venaient.

J’ai puisé dans tout le savoir herméneutique et ésotérique que je possédais pour retracer, dans mon esprit, les failles de la réalité.
Une œuvre insensée, que je ne souhaite pas à mon pire ennemi. Le supplice d’être seul et incompris dans un monde fantasmagorique, à la limite du tangible, façonna mon âme.
Mon esprit s’aiguisa et fit émerger un grand respect au fond de mon cœur : un respect pour les gens que j’aime, et un certain respect pour moi-même, d’avoir su grandir de ces épreuves.

Ce respect nouvellement retrouvé sera une pierre fondatrice de mon territoire imaginaire.
La reconstruction de mon amour-propre et de mon ego ne se fera pas sans mal.
J’ai contemplé un monde qui n’existe que dans mon esprit.
J’ai entendu la voix d’un inconnu dans la bouche d’un ami que j’ai toujours connu.
J’ai contemplé une déesse au seuil de mon esprit — un lieu entre les étoiles et moi.

Sous cette joute étoilée, j’ai défié Dieu et l’Enfer.
J’entends encore les anges pleurer dans ce décor inanimé.
J’exprimais ce parfum, ce mouvement, cette danse avec toute la ferveur d’un esprit qui a perdu pied.
J’ai senti mon esprit et mon être se séparer.
J’ai plongé au cœur du trou noir.
Je me suis noyé dans les flots de l’infini pour dériver sur le sable blanc du désespoir.

J’ai vécu quelques émotions qui, aujourd’hui, sont sources de connaissance.
J’ai expérimenté un état que, jusqu’alors, je n’avais lu que dans les livres.
Fascinant. J’avais de quoi réfléchir au sens de l’esprit.